Artiste éclectique, elle aime la spontaneïté du public.
Vous êtes de quelle origine Claudia ?
Je viens d’Afrique
Oui, mais de quel pays d’Afrique exactement ?
J’insiste, je viens de toute l’Afrique.
Quel est votre parcours ?
Maîtrise d’art option théâtre à Paris 8 et des cours privés de comédie. J’ai accumulé des petits boulots et maintenant je vis de ce que j’aime. Je suis comédienne...
Dans quel registre vous sentez vous le mieux ? Le théâtre, la télé, l’humour…
Chaque registre est différent et enrichissant. Je me sens à l’aise dans tous ces univers. Je n’ai pas de parti pris. J’ai une préférence pour la scène, pour le théâtre, parce que j’aime transmettre quelque chose. J’aime le rapport avec le public. Cette spontanéité ! On sent mieux les gens…
Concernant l’humour, le rire est propre à chacun, c’est très intime. Alors que pour le dramatique, la larme sort de l’intérieur. Sur scène la transmission d’émotion est plus palpable. Sur un plateau, à tout moment on peut recommencer une scène.
Au théâtre, on est libre, on peut redire une phrase, on fait participer le public.
Une comédienne qui a "les pieds sur terre"!
Il y a peu de comédiens noirs connus en France, quels sont vos conseils pour ceux qui veulent en faire un métier
Aucune voix n’est facile, si vous souhaitez être comédien, si c’est une réelle envie, il faut beaucoup travailler, chercher à être le meilleur. Il faut faire ce qu’on aime car on le fait avec envie. On en ressent moins les contraintes et les difficultés.
Des comédiens noirs il y en a beaucoup, bien plus que le public ne croit.
Avez vous une stratégie pour réussir dans cette voie ?
Depuis très longtemps je souhaitais être comédienne, j’avais une envie mais pas vraiment de stratégie. Je voulais en vivre mais pas pour le portefeuille uniquement. Me nourrir de çà. Quand je parle de me nourrir, ça part de textes, de rencontres et de faire partager aux autres. C’est en çà que je veux me nourrir de ce que j’aime.
Des projets à la télé bientôt ?
Un téléfilm sur Arte, la Vénitienne.
On voit l’affiche de votre one woman show. Heureuse de votre notoriété grandissante ? Vous devenez VIP ?
VIP ? ça nourrit çà ? (rires) Si ça nourrit pas, j’en veux pas…
Vous estimez avoir réussi ou pas ?
Vous savez ce n’est que le début pour moi. Je fais « mon trou ». Je dois grandir…
Je sais d’où je viens, où j’ai envie d’aller mais je n’ai pas encore ma place. Je pars du principe que ma tête ne doit pas s’envoler car on n’y arrive nulle part. Tout doit être remis à chaque fois en question.
Je n’ai pas vraiment de registre, « je suis très en image ». Je pars du principe que le spectacle que je fais actuellement, je dois le faire bien… Et s’il y a quelqu’un qui vient voir mon spectacle et qui me propose un rôle dans un autre registre, je le ferai. Mon principe : « step by step » ; je suis très pointilleuse…
On a une vague d’humoristes féminines qui parlent beaucoup de leur recherche d’un homme et de leur relation avec les hommes. Alors Claudia, vous avez un homme ? Elle compte sur ses doigts… J’en ai 9… (rires). Mes frères et mes neveux.
Je suis avec quelqu’un à un moment donné. J’aime le petit quelque chose qu’un homme peut m’offrir…une bouteille d’huile balsamique par exemple…(rires), ça me suffit pour rester même pendant les périodes difficiles de la relation. Je suis assez fleur bleue encore ! Dans le spectacle, je parle de mon histoire, mais c’est vrai que beaucoup d’humoristes féminines titillent les hommes d’aujourd’hui…Ce qui est drôle, c’est que des hommes qui sont déjà venus voir le spectacle, « amène leurs potes pour venir se faire tailler ». Je trouve çà délicieux !
Vous avez un profil d’hommes ?
Oui, de 3 ans à 60 ans (rires)
Parlez-nous de votre public qui est très cosmopolite, d’ailleurs
J’ai eu des enfants de 11 ans jusqu’à un monsieur de 70 ans. Tous âges et toutes origines. Je tiens à dire que j’ai très peu de noirs. Est ce dû au fait que nous sommes une communauté qui est dans la spontanéité ?... Je veux aussi des Noirs, des gens qui me ressemblent (rires)…
Je suis très contente d’avoir un public cosmopolite, bien sûr ! Mais il y a une ambiance différente quand le public noir est présent également.
Avez-vous eu des obstacles pour ce one woman show ?
Ce spectacle est le résultat d’un travail de trois ans au Comedy Club*. La production et Jamel me soutiennent et ma rencontre avec Fabrice Éboué est une jolie rencontre. Fabrice est un homme d’écriture plus que moi qui suis dans l’oralité.
Grâce à eux tous j’ai levé les obstacles et les freins que je me mettais moi-même. Par exemple pour le « tchip », je me disais qu’il n’allait pas être compris par un public occidental et qu’il fallait le retirer. Eux m’ont dit de donner les codes tout simplement. Une fois que le public a les codes, tout est plus compréhensible et simple, sans dénaturer la valeur du spectacle.
"En tant que comédien noir on doit toujours distiller…" pour ne pas donner une certaine appréhension.
Mais notre couleur est une richesse. On doit montrer qu’on est là, qu’on est en vie!
« Qu’ils ouvrent les portes sans trop de bleus pour eux et pour nous ». Donnons leur les codes, distillons les messages…et tout se passera bien...
Quels messages donner aux femmes noires qui ont envie d’être comédiennes ?
Croyez y, Vivez, donnez vous les moyens. Faut y croire….
*Jamel Comedy Club (Jamel Debouzze) : scène qui met en avant les comédiens de la diversité.
Découvrez avec plaisir, le spectacle de Claudia au Théâtre du temple, 18 rue du Faubourg du temple, Paris 11 jusqu'en janvier.
Et venez nombreux….
CLAUDIA joue les mères Noël pour Noir au Féminin.
Si vous souhaitez vraiment passer un vrai moment de rires et de plaisir. NOIR AU FÉMININ vous offre comme cadeau de Noël des places pour ce spectacle hilarant et fantasque.