"A chaque fois que ces jeunes gars ont fait un mauvais coup, ils demandent aux shoshos (grands-mères en langue kikuyu, l'ethnie dominante à Korogocho) de dormir avec eux. Ils croient que les jeunes filles d'ici sont toutes infectées par le sida, et ils préfèrent les vieilles car ils savent que nous n'avons plus de partenaires", explique Mary Wangui, 73 ans, l'une des plus anciennes élèves, devenue à son tour professeur.
A une dizaine de km à peine du centre de la capitale Nairobi, Korogocho, avec ses quelque 155.000 habitants entassés sur 1,5 km2, est l'un des bidonvilles les plus surpeuplés du Kenya, et des plus dangereux.
La grande majorité des jeunes survivent en récupérant ce qu'ils peuvent dans la décharge géante voisine de Dandora. L'insécurité est telle qu'une sortie en plein jour dans une rue principale, pour faire la queue à un point d'eau, est un risque qu'il faut calculer.
Mais dans cet univers de pierres ocres et de tôles, brûlé par le soleil en l'absence de toute végétation, le tatami de l'association "Rayons d'espoir et de paix" apparaît comme un havre de paix et d'optimisme.
Un treillis protège du soleil, les tôles ont été repeintes dans des couleurs vives, les élèves du troisième âge s'encouragent et s'applaudissent mutuellement. "Hakuna matata" (aucun souci), ose même un slogan peint sur un mur.
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Source : AFP |